Focus sur le MASHAV israélien : un instrument singulier et impactant de coopération et de soft power en Afrique

Focus sur le MASHAV israélien : un instrument singulier et impactant de coopération et de soft power en Afrique

Le MASHAV israélien : un instrument singulier et impactant de coopération et de soft power en Afrique

Créée en 1958 au sein du ministère des Affaires étrangères israélien, le MASHAV constitue aujourd’hui l’un des instruments les plus structurants de la diplomatie d’influence d’Israël dans les pays en développement, et en particulier en Afrique. Pensée dès l’origine par Golda Meir dans le sillage des indépendances africaines, l’agence repose sur une idée simple mais puissante : partager une expérience nationale de développement adaptée à des contextes contraints (ressources rares, climat aride, défis agricoles et institutionnels).

Une mission fondée sur le transfert de compétences et l’autonomisation
Contrairement aux grands bailleurs internationaux, MASHAV ne se positionne pas comme une agence de financement, mais comme une agence de transfert de savoir-faire et de renforcement des capacités. Sa mission centrale consiste à :
· Former des cadres et techniciens locaux (approche “training of trainers”)
· Renforcer les institutions publiques et les communautés
· Diffuser des technologies adaptées issues de l’expérience israélienne
· Accompagner des dynamiques d’autonomisation économique et sociale
Depuis sa création, l’agence a formé plus de 350 000 professionnels dans plus de 140 pays.
Cette approche repose sur une conviction structurante : le développement durable passe d’abord par le capital humain et l’appropriation locale, plutôt que par le financement exogène.

Des domaines d’intervention ciblés à forte valeur ajoutée
MASHAV concentre ses actions sur des secteurs où Israël dispose d’un avantage comparatif reconnu :
1. Agriculture, sécurité alimentaire et gestion de l’eau : Irrigation de précision, Agriculture en zones arides, Développement de chaînes de valeur agricoles, Centres d’excellence agricoles. Environ 70 % des projets historiques concernent l’agriculture, ce qui reflète la centralité de cet enjeu en Afrique.
2. Santé publique et gestion des crises : Formation médicale, Médecine d’urgence et traumatologie, Résilience des systèmes de santé.
3. Éducation et innovation : Formation des enseignants, Éducation technologique, Entrepreneuriat et innovation.
4. Développement communautaire et gouvernance : Renforcement de la société civile, Promotion de l’égalité de genre, Gouvernance locale et résilience sociale.
5. Entrepreneuriat et développement économique : Appui aux PME, Développement rural, Création d’emplois.
6. Aide humanitaire : Interventions d’urgence, Assistance médicale rapide, Déploiement logistique en cas de crise.
L’ensemble de ces domaines s’inscrit explicitement dans l’Agenda 2030 et les ODD.

L’Afrique : cœur historique et laboratoire d’action
L’Afrique occupe une place centrale dans la stratégie de MASHAV, pour des raisons historiques et géopolitiques. Dès les années 1960, Israël développe une coopération intense avec les jeunes États africains, fondée sur une proximité de trajectoire (post-indépendance, construction étatique, défis agricoles). Aujourd’hui, MASHAV intervient dans de nombreux pays :
· Afrique de l’Est : Kenya, Éthiopie, Ouganda, Tanzanie
· Afrique de l’Ouest : Ghana, Côte d’Ivoire, Togo
· Afrique centrale : Cameroun
· Autres : Rwanda, Burkina Faso, Soudan du Sud

Des initiatives concrètes à fort impact
1. Les centres d’excellence agricoles : MASHAV a développé un modèle emblématique : les Centers of Excellence. Ces plateformes permettent la formation pratique des agriculteurs, la diffusion rapide de technologies agricoles, l’amélioration des rendements et de la qualité.
2. Le programme TOV en Éthiopie : plus de 8 000 agriculteurs accompagnés, introduction de technologies agricoles innovantes, amélioration des revenus et de la productivité
3. L’effet “alumni” au Kenya : Des bénéficiaires formés en Israël développent des exploitations performantes, diffusent localement les compétences acquises, deviennent des relais de transformation économique.
Ce modèle crée un effet multiplicateur durable, cœur de la stratégie MASHAV.

Un modèle d’impact fondé sur la capacité et non la dépendance
L’originalité de MASHAV réside dans son approche :
1. Une logique de levier humain. Plutôt que financer des infrastructures lourdes, l’agence investit dans les compétences, renforce les systèmes locaux, favorise l’appropriation.
2. Une intervention “légère mais efficace” : coûts relativement faibles, impact durable, adaptabilité aux contextes locaux.
3. Une stratégie de soft power assumée. MASHAV constitue également un outil de relations diplomatiques, un vecteur de coopération bilatérale et un levier de rapprochement avec les États africains.

En synthèse, une coopération à haute intensité stratégique
Le MASHAV incarne un modèle atypique de coopération internationale, fondé sur la transmission de savoir-faire, la formation et l’innovation frugale. La forte efficacité micro-économique et institutionnelle de ses programmes est reconnue des acteurs. En Afrique, son impact est particulièrement visible dans :
· la transformation des pratiques agricoles
· le renforcement des capacités humaines
· la diffusion d’une culture entrepreneuriale

À rebours des logiques traditionnelles d’aide, MASHAV propose une approche plus agile et plus ciblée, qui en fait aujourd’hui un acteur discret mais structurant du développement africain et un instrument clé du soft power israélien.

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