
Breedj.com : Bâtir les ponts du futur du travail entre l’Afrique et le monde
Breedj.com : Bâtir les ponts du futur du travail entre l’Afrique et le monde
1- Bonjour Nicolas Goldstein, pouvez-vous nous présenter l’initiative Breedj et la vision qui l’anime ?
En 2024, notre aventure entrepreneuriale a franchi une étape décisive. Talenteum, l’entreprise mauricienne que j’ai cofondée avec John Benatouil, a été sélectionnée pour intégrer le prestigieux Seed Transformation Program de la Stanford Graduate School of Business. C’est une distinction rare, mais surtout un tournant stratégique pour notre vision du travail à distance en Afrique.
Ce programme, dédié aux entreprises africaines à fort potentiel, accompagne les dirigeants dans leur passage à l’échelle internationale. C’est dans ce cadre que John est parti à San Francisco, sur le campus de Stanford, pour représenter notre équipe. Son séjour dans la Silicon Valley a marqué une véritable accélération dans notre transformation : confrontation à l’innovation mondiale, échanges avec des mentors de haut niveau, immersion dans la culture de l’impact et de la scalabilité.
En parallèle, nous avons entrepris une refonte en profondeur de notre modèle. De cette dynamique est née Breedj.com, une plateforme RH à impact, pensée comme la continuité naturelle de Talenteum. Si Talenteum avait ouvert la voie de l’externalisation des talents africains, Breedj en incarne désormais la version augmentée : digitale, inclusive et tournée vers le futur du travail.
Un marché en mutation : l’explosion du travail à distance
Le lancement de Breedj intervient dans un contexte où le monde du travail connaît une mutation historique. Selon une étude de McKinsey, le marché mondial de l’externalisation du travail à distance pourrait atteindre 500 milliards de dollars d’ici 2030, porté par la digitalisation des entreprises et la recherche d’agilité organisationnelle.
La pandémie de Covid-19 a bouleversé les modèles. Des plateformes comme Upwork, Deel ou Malt ont confirmé la viabilité et la rentabilité du travail distribué. Mais derrière cette révolution technologique, une autre réalité se dessine : le déséquilibre géographique des opportunités.
L’Afrique, qui comptera plus d’un milliard d’actifs d’ici 2050, reste encore sous-représentée dans cette économie du savoir mondialisée. C’est ce fossé que Breedj veut combler. Notre conviction est simple : le talent est universel, mais les opportunités ne le sont pas encore.
Breedj.com : digitaliser l’externalisation, humaniser le travail à distance
Breedj est une plateforme SaaS RH qui permet aux entreprises d’identifier, de recruter et de rémunérer des talents africains à distance, en toute conformité juridique. Grâce à notre modèle d’Employer of Record (EOR), nous prenons en charge l’emploi local, la paie, les cotisations sociales et les obligations légales — pendant que l’entreprise cliente se concentre sur la performance. Le concept est à la fois simple et révolutionnaire :
* Gratuit pour les talents, qui accèdent à un réseau d’opportunités internationales.
* Abonnement fixe pour les entreprises, sans commission sur salaires ni frais cachés.
L’expérience est fluide, soutenue par une technologie d’intelligence artificielle qui facilite le matching, évalue les soft skills et accélère le processus de contractualisation. En quelques clics, une PME à Lyon, une startup à Toronto ou un groupe à Dubaï peut embaucher un développeur à Kigali ou un chargé de clientèle à Abidjan. Breedj réinvente ainsi l’externalisation en la rendant simple, automatisée et profondément humaine.
2. Quelle est l’ambition de Breedj à moyen et long terme pour l’Afrique et le futur du travail ?
Longtemps, l’externalisation a été perçue comme un simple levier de réduction de coûts. Breedj change la donne. Notre approche repose sur l’externalisation responsable, un modèle qui valorise les compétences plutôt que les écarts salariaux.
Nous connectons les entreprises du Nord aux talents du Sud dans une logique d’équilibre, de transparence et de durabilité. Chaque contrat signé à travers Breedj génère de la valeur partagée :
* Pour l’entreprise, un gain de performance et d’agilité.
* Pour le talent, un emploi stable, bien rémunéré, sans obligation de migrer.
* Pour le pays d’origine, un apport économique et social mesurable.
Avec plus de 25 000 talents inscrits sur la plateforme — issus de domaines comme l’IT, la finance, le marketing digital, les RH ou le support client — Breedj se positionne comme un acteur majeur du Future of Work africain. Notre slogan, *“Changing Lives. Changing Organizations.”*, illustre cette double mission : transformer la vie des individus tout en aidant les entreprises à évoluer vers un modèle plus inclusif et durable.
Intern500 : 500 stages à distance pour la jeunesse africaine
De cette vision est née notre initiative phare : Intern500. En partenariat avec la Fondation Mastercard, Breedj s’engage à financer 500 stages à distance pour de jeunes diplômés africains sur une durée de 12 mois. Nous couvrons intégralement les allocations, la formation, et l’accompagnement professionnel des stagiaires. Les entreprises partenaires, elles, deviennent “host employers” : elles offrent un poste à distance, encadrent et mentorent ces jeunes talents.
Le principe est simple : We fund it. You mentor. Together, we build the workforce of tomorrow.
C’est une approche innovante, à la croisée du développement économique et de la responsabilité sociale. Chaque stage financé par Breedj crée une passerelle entre la formation académique et la première expérience professionnelle, souvent la plus difficile à décrocher.
Prenons l’exemple de Modestine, une jeune béninoise issue du *Remote Employability Bootcamp* de Talenteum. Formée aux compétences du télétravail, elle a décroché un poste de Customer Support Manager chez Viasay, une entreprise française de logiciels. “She’s bilingual, has an excellent mindset, and quickly adapted to remote work. Always professional and positive she’s been with us for over a year now,” témoigne Gary, CEO de Viasay.
Ces témoignages illustrent ce que nous construisons : un écosystème de confiance entre jeunes diplômés africains et employeurs internationaux.
Une infrastructure RH africaine, conforme et scalable
Derrière la mission sociale, Breedj repose sur une architecture juridique solide. Notre modèle d’Employer of Record (EOR) nous permet d’opérer légalement dans plusieurs pays africains : Maurice, Madagascar, Maroc, Tunisie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Rwanda et Kenya en gérant localement les obligations légales et fiscales.
Ce modèle donne aux entreprises la liberté d’embaucher à distance sans créer d’entité locale, tout en garantissant la conformité légale et la protection sociale des talents. C’est cette combinaison de sécurité juridique et de flexibilité opérationnelle qui fait de Breedj un partenaire fiable pour les entreprises internationales.
Et demain ?
Notre ambition est de bâtir la première infrastructure RH panafricaine à impact, couvrant plus de 20 pays et connectant des milliers de talents à des opportunités globales.
3- Quels sont aujourd’hui vos principaux partenaires et quels types d’acteurs souhaitez-vous rallier à cette initiative à impact ?
Le succès de Breedj repose sur un réseau de partenaires stratégiques qui partagent notre vision d’un travail sans frontières. Nos partenaires actuels incluent :
* La Mastercard Foundation, partenaire clé du programme Intern500.
* Des entreprises européennes engagées qui nous demandent des talents qualifiés travaillant à distance pour leur entreprise.
Mais notre ambition va plus loin. Nous souhaitons collaborer avec :
* Des grands groupes internationaux souhaitant intégrer l’emploi inclusif dans leurs actions RSE.
* Des fondations et agences de développement pour cofinancer les stages et la montée en compétences.
* Des partenaires technologiques (fintech, edtech, HRtech) pour renforcer notre infrastructure digitale.
* Et des institutions académiques pour transformer la formation universitaire africaine en tremplin vers l’emploi global.
Breedj agit ainsi comme un pont entre les mondes de l’éducation, de l’emploi et de l’impact social.
L’Afrique, moteur du futur du travail
Dans un monde où les entreprises manquent de talents et où les jeunes peinent à trouver leur place, l’Afrique représente la plus grande réserve d’énergie humaine, de créativité et de compétences. Notre vision est claire : Faire de l’Afrique le moteur du futur du travail. Là où d’autres voient un continent en retard, nous voyons le continent du futur jeune, connecté, agile, multilingue, et prêt à relever les défis du monde digital. Avec Breedj, nous voulons démontrer qu’il est possible de créer de la croissance économique tout en ayant un impact social mesurable.
Nous ne délocalisons pas : nous relocalisons le talent là où il est, en valorisant les savoir-faire locaux au service de l’économie mondiale. Une vision, un engagement : changer des vies à travers le travail. Chez Breedj, chaque emploi créé est une victoire contre la précarité. Chaque stage financé est une porte ouverte vers l’avenir. Chaque partenariat conclu est une pierre de plus dans le pont que nous bâtissons entre l’Afrique et le reste du monde.
Notre objectif est clair : 100.000 d’emplois créés ou facilités d’ici 2030.
Ce n’est pas un chiffre symbolique, mais un engagement aligné avec les Objectifs de Développement Durable (ODD 4, 8 et 10) : éducation de qualité, travail décent et réduction des inégalités. Breedj, c’est l’histoire d’une entreprise née d’une intuition, renforcée par Stanford, propulsée par la technologie, et animée par une conviction : le futur du travail sera africain, inclusif et sans frontières.
Nicolas Goldstein
Co-fondateur de Talenteum



